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Dialogue de sourdes et hurlements stridents ft. Dana A Solomos

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MessageSujet: Dialogue de sourdes et hurlements stridents ft. Dana A Solomos Dim 22 Oct - 13:58

Dialogue de sourdes et hurlements stridents ft. Little miss sunshine


Tu ne sais pas très bien pourquoi tu t’es décidée à sortir aujourd’hui. Certes, il y a ton footing rituel et ce n’était pas cet ouragan de merde qui allait t’empêcher de mettre un pied dehors mais tout de même, tu aurais pu rester bien au chaud. Pourtant, c’est munie de ton parapluie intégral que tu as alors bravé fièrement la tempête qui faisait rage en priant pour qu’aucune goutte d’eau n’entre en contact avec ton corps ; la dernière t’avait laissé une jolie cicatrice pendant trois jours et ça t’avait fait souffrir au-delà des mots. Mais ce n’est pas la peur d’avoir mal qui va t’empêcher de vivre tranquillement ta petite vie. Alors tu es sortie en faisant un gros fuck mental à Norbert et à ses humeurs à la con. Le footing t’a d’ailleurs fait un bien de fou, et même si tu aurais simplement pu rentrer dans ta chambre à maudire Le Zodiaque et ton signe, tu t’es finalement décidée à te promener, encore vêtue de ton training rose et jaune et de ton parapluie transparent avec des motifs pastèques. Tes pas t’ont menée jusqu’ici, devant la Faucheuse, et tu te demandes encore ce qui t’as poussée à y entrer : d’habitude, ce genre d’attraction n’est pas trop ton truc.

A peine entrée dans cette horreur que tu regrettes déjà ton choix. Les quelques personnes avec lesquelles tu es entrée semblent s’amuser tandis que toi tu as envie de pleurer. Comment diable t’es-tu dit que venir dans un truc flippant était une bonne idée ? Entre les zombies mal imités mais répugnants, les clowns qui ricanent diaboliquement, les bruits de scie électrique que tu devines plus loin et les hurlements de groupes qui te précèdent, tu te dis que c’était vraiment une belle idée de merde. Peut-être qu’il y a encore moyen de faire demi-tour ? Alors que tu te retournes, histoire de voir si l’hypothèse est envisageable, une araignée géante s’approche de toi et tu la piétines en sautant dessus de toutes tes forces dans un bêlement strident : tu as toujours détesté ces trucs à huit pattes. Ce n’est que quand tu fais une dizaine de pas en arrière, ravie d’être venue à bout de l’abominable créature mais pas certaine que le truc soit vraiment HS, que tu prends conscience d’un truc pas net… c’était quoi ce bêlement au juste ? Les autres membres du groupe te regardent un peu bizarrement avant de rigoler et de continuer l’aventure dans cette maison de Satan, te laissant en arrière. Il n’y a qu’une fille – une petite poupée angélique – qui reste plantée là. Tu as envie de lui demander si tout va bien, mais alors que tu veux dire un « ça va ? », somme toute assez banal, un long bêlement – quelque peu glaçant dans l’atmosphère déjà glauque de la Faucheuse – se fait à nouveau entendre. Tu plaques ta main contre ta bouche avec des yeux ronds, pas trop certaine que tes cordes vocales puissent réellement produire ce son, avant de retenter presque timidement de parler. Bien évidemment, ça ne rate pas et tu te retrouves à bêler à nouveau. Bordel de putain de merde, ça ne peut être qu’un coup du Zodiaque cette connerie. Comme si faire gaffe aux périodes n’était pas déjà suffisamment chiant, il faut en plus que tu te retrouves avec un horoscope du mois visiblement assez pourri. Mais à  quel moment Norbert peut-il penser à des trucs aussi cons ?

Tu lèves finalement les yeux au ciel avant de regarder à nouveau la fille que n’a toujours pas bougé. Ou pas trop alors. Elle a l’air d’avoir un problème à rester sur place – peut-être est-ce la peur qui la tétanise ? – et tu t’en voudrais de laisser une pauvre petite créature fragile dans le besoin. Alors, armée de ton courage et de ta patience, tu entreprends de traverser les quelques mètres jonchés de 2-3 bestioles peu ragoutantes qui vous séparent. Tu arrives finalement à sa hauteur et pose doucement une main sur son épaule.

– Bêêêêêêêêêêêêêê ? tu lances avec espoir avant de fulminer quand seul un bêlement débile décide de sortir de tes lèvres.

Putain. Ça va être long. Tu le sens.


©️ Le Cycle du Zodiaque
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MessageSujet: Re: Dialogue de sourdes et hurlements stridents ft. Dana A Solomos Dim 22 Oct - 16:46

Dialogue de sourdes et hurlements stridents.
Le regard s'arrêtant sur chaque mot, décortiquant chaque syllabe, tu essayais vainement de lire depuis le début de l'après-midi. Ton esprit s'embrouillait au fil des pages, et ton cerveau avait beaucoup de peine à tenter d'accumuler le flot d'informations que le livre te donnait. Tu ne savais pas réellement pourquoi tu avais autant de mal à lire un livre que tu avais déjà parcouru des dizaines de fois ; pourquoi tu n'arrivais pas à comprendre immédiatement ce que l'ensemble de mots signifiait – tu ne comprenais le sens de certaines pages qu'une fois que tu avais parcouru une dizaine de nouvelles pages ; ton cerveau analysait seulement les évènements de la dixième page alors que tu en étais arrivée à la vingt-deuxième page – ; et tout cela t'avait amené à abandonner ta lecture.

Depuis un certains nombre de jours, ton cerveau fonctionnait très lentement ; et cela s'était avéré fort handicapant, notamment à ton travail – traiter la commande d'un client qui est parti depuis une vingtaine de minutes n'était pas forcément très utile, mais aucune nourriture n'était gâchée puisque tu avais tout payé et ramené chez toi pour les déguster plus tard –. Tu ne pouvais pratiquement plus rien faire toute seule – cuisiner aurait été risqué, tu ne voulais pas mettre le feu à ta petite chambre ; tandis que les activités demandant de la concentration étaient devenues des épreuves extrêmes que tu ne pouvais surmonter – ; alors tu avais juste décidé de laisser tomber.

Attrapant ton fidèle parapluie – oh, même si tu ne supportais pas la pluie, tu adorais sortir dehors pour admirer les gouttes s'écraser sur l'épais tissu transparent qui te protégeait – ; tu finis par t'aventurer dehors. Tu ne savais pas réellement ce que tu allais faire dehors, mais cela ne te dérangeait pas réellement. À force de vivre dans le Zodiaque, tu connaissais les rues par cœur, et tu ne risquais pas de te perdre si tu commençais à marcher sans but précis.

Ta marche lente te conduisit au nord de la ville ; pile à l'entrée du Death World où tu t'arrêtas afin de te questionner sur ta propre santé mentale : était-ce une bonne idée de s'aventurer dans un parc à sensations fortes alors que tu avais déjà le cerveau engourdi ?

Soufflant doucement, tu fis un pas en direction de la file d'attente pour accéder au contenu même du parc d'attraction. Tu espérais sincèrement que tu allais pouvoir te réveiller une bonne fois pour toute et sortir de la mollesse que ton cerveau t'infligeait – tu en venais même à le maudire pour entraver toutes tes actions de la sorte.

Tu t'aventuras finalement dans une attraction qui n'allait pas te demander de garder un sac en papier près de toi au cas où tu aurais envie de vider ton estomac sur la personne qui se trouvait sur le siège à côté – la maison hantée. En fait, tu ne savais pas réellement à quoi t'attendre ; d'autant plus que tu n'avais strictement rien à faire de ces fantômes – puisque tu es morte, tu n'était pas si différente d'eux après tout – ou même des cadavres déambulant. Tu n'avais qu'une hântise : les bestioles que tu allais y trouver.

Prenant ton courage à deux mains, tu suivis le groupe dans lequel tu étais inscrite – non sans être la plus lente, fichu cerveau qui ne fonctionnait qu'au quart de la moitié. Tu pensais même les avoir perdu à un moment, alors qu'une grande majorité du groupe avait pris peur et s'était dépêché d'avancer après avoir fixé quelqu'un qui avait probablement eu la trouille aussi. La seule réaction que tu avais eu face à toutes les choses effrayantes qui venaient de vous sauter dessus était celle d'une illumination soudaine : L'Horoscope.

Tu comprenais enfin pourquoi tu étais aussi lente à la détente. Ah, tu en avais vécu beaucoup des moments gênants à cause de l'horoscope ; mais tu n'avais jamais eu la malchance de tomber sur la case mollesse. Tu allais devoir tenir ainsi tout le mois, et cela n'arrangeait vraiment pas tes affaires.

« Bêêêêêêêêêêêêêê ? »

Un seul autre petit détail et ce fut suffisant pour que les images de l'araignée géante, des tentatives ratées de morts-vivants qui avaient tenté de vous manger et de tout ce que vous aviez vu auparavant ; arrivent enfin jusqu'à ton cerveau. Tu ne pu t'empêcher de pousser un cri alors que tu sentais la patte velue de la bestiole aux membres infinis se poser sur ton épaule.

Et soudain, tu pris conscience également qu'une araignée, ça ne bêle pas. Clignant rapidement des yeux pour effacer l'image affreuse qui s'était incrustée dans ton esprit ; tu finis par voir que ce n'était pas un vil monstre poilu qui te touchait ; mais une autre fille.

« Vous m'avez fait peur. » Avais-tu réussi à articuler alors que tu tentais de calmer la nervosité qui s'était répandue dans chaque partie de ton corps. « Je suis désolée, je n'ai pas encore eu le loisir d'apprendre le langage chèvre. » En temps normal, tu aurais tout de suite compris qu'elle aussi n'était qu'une pauvre victime de son horoscope ; mais la situation était plus délicate, alors tu te demandais toujours pourquoi elle avait décidé de s'adresser à toi de cette manière.

Tu avais tourné la tête pour tenter d'analyser la pièce – enfin, tu ne faisais que les repérages que ton esprit allait traiter dans une trentaine de secondes. Ce délai passé, tu te rendis compte que vous étiez seules. Le groupe avait pris assez d'avance pour que tu ne puisses plus l'apercevoir.

« Nous devrions aller les rejoindre, avant qu'ils ne partent sans nous. »

Ah, il ne manquerait plus que vous soyiez perdues, et tu ne tiendrais pas longtemps avant de rentrer chez toi et de t'y enfermer pendant un mois entier pour ne plus avoir à réfléchir.


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MessageSujet: Re: Dialogue de sourdes et hurlements stridents ft. Dana A Solomos Mar 24 Oct - 17:59

Dialogue de sourdes et hurlements stridents ft. Little miss sunshine


Des perchés, t'en as déjà connu dans ta vie mais celle-là, elle semble quand même être d'un level carrément plus haut que tous les autres réunis. Déjà, et c'est suffisant en soi, ça fait bien deux minutes que tu a bêlé sur cette fille et voilà seulement qu'elle semble en prendre conscience. Rien que ça, c'est plutôt pas mal. Bon ensuite, il y a le côté vexant. Alors, d'accord, tu bêles au lieu de parler – y a peut-être un petit côté traumatisant mais bon... – mais t'es pas plus moche qu'avant et tu trouves ça assez insultant de te faire hurler dessus par une blondasse hystérique. Ta gueule est pas si terrifiante quoi, merde.  

– Vous m'avez fait peur.

Wow, sans blague Sherlock. Maintenant, elle avait raison de préciser, hein, vu le peu de voix avec lequel elle a manqué de te percer les tympans, t'aurais jamais capté ça toute seule. Une lumière cette fille. Vraiment. Alors tu hausses les épaules en émettant un nouveau "bêêêêêêêêêêê" las avant de regarder en direction de la sortie. Enfin de ce que tu supposes être la sortie, parce que là ça ressemble juste à un trou noir sans fin par où est passé le reste de ton groupe.

– Je suis désolée, je n'ai pas encore eu le loisir d'apprendre le langage chèvre.

Tu la regardes avec des yeux ronds comme des soucoupes avant de secouer la tête. Wtf ? Elle est idiote celle-là ou elle le fait exprès ? Non mais n'importe quel glandu du coin aurait directement assimilé que toi non plus tu ne parles pas le chèvre et que par conséquent c'est la faute de cet horoscope à la noix. Genre elle croit quoi ? Que ça t'amuse de lui bêler comme une conne dessus ? Bah ouais, carrément, c'est ton passe-temps favori : bêler sur les petites filles pour les faire hurler de peur. Terrifiant hein. T'en trembles d'effroi.

– Nous devrions aller les rejoindre, avant qu'ils ne partent sans nous.

Non, vraiment, il doit y avoir un gag quelque part. C'est genre une caméra cachée ou... ? Elle le voit qu'ils sont partis, non ? Depuis au moins 5 bonnes minutes ? Et qu'ils n'en ont strictement rien à faire d'elles deux ? Et que du coup, elles sont seules, livrées à elles-mêmes avec des animaux rampants dégoutants et des trucs pas très rassurants tout autour ? Et que du coup, toi, tu commences sérieusement à flipper. Beaucoup. Déjà, t'aimes pas trop le noir, ça te rappelle ta condition de petit cadavre dont le corps a été mis dans une boite à un moment ou un autre et ça t'angoisse puis, aussi, t'as vraiment horreur de tous ces trucs qui font peur. Sérieusement, tu regardes encore sous ton lit chaque soir avec une lampe de poche même si tu sais bien qu'il n'y a rien mais bon... on ne sait jamais hein... Des fois qu'il y ait un clown avec une furieuse envie de te trancher la gorge dans ton sommeil. Ouais, même si t'es déjà morte, ça te fait toujours peur. Tout ça pour dire que... entre l'attardée mentale et tes cordes vocales qui se prennent pour celles d'une chèvre, c'est pas gagné. Mais bon, hauts-les-coeurs ! Ton courage entre tes mains, tes bras qui poussent la fille vers la sortie et ton coeur au bord des lèvres, tu avances à tâtons dans cette maison de malheur afin de tenter de retrouver les autres. Tout semble rouler comme sur des roulettes quand quelqu'un éteint subitement la lumière. Manquait plus que ça. Déjà que c'était bien casse-gueule...

Commençant légèrement à perdre patience, tu lâches les épaules de la blonde, passe devant elle et tu sors ton portable de ta poche, histoire de te servir de ta lampe torche que tu éteins à peine allumée. Ok. Tu n'as absolument pas vu ça. Du tout. Vraiment pas. Tu te disais bien que le sol avait une consistance bizarre puis que niveau odeur c'était pas top mais... Naaaaan, illusion. Le sol n'est absolument pas recouvert de ce qui semble être des morceaux de viande dépecées. Pas plus qu'il n'y a beaucoup, mais vraiment beaucoup d'insectes au sol. Ou d'araignées, t'as préféré t'abstenir de compter le nombre de pattes.

Tu lances un regard clairement angoissé à la blonde à côté de toi, te demandant pourquoi tu as décidé de venir voir comment elle allait quand tu aurais pu gentiment continuer ta route. Puis y a un truc qui se passe. Ton oeil droit doit carrément déconner avec ta paupière qui a des soubresauts et tu sens un vent de panique te prendre aux tripes.

– B... Bê... Bêbêbê... BÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊ !

Les nerfs qui craquent. C'est moche cette histoire.


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MessageSujet: Re: Dialogue de sourdes et hurlements stridents ft. Dana A Solomos Lun 30 Oct - 16:37

Dialogue de sourdes et hurlements stridents.
Le cerveau fonctionnant à moitié, tu arrivais tout de même à te questionner sur la quantité de cases manquantes qui t'avaient amené devant l'horrifique parc d'attractions, et cette question te frappait encore plus lorsque l'idée d'entrer dans la maison hantée avait effleuré ton esprit. Ah, quelle merveilleuse idée de t'incruster dans un groupe alors que tu avais eu l'intime conviction que tu allais le regretter.

Ton intuition ne t'avait pas trompée, tu regrettais bien cette décision hâtivement lente. Le temps que tu prennes en compte le fait qu'une autre fille te parlait, le groupe était déjà parti dans les abîmes de la maison. Silencieusement, tu remerciais le destin de t'octroyer de la compagnie dans cette triste solitude effrayante, même si cet avis n'était probablement pas partagé. Vous étiez perdues dans cette attraction, mais il devait toujours exister une manière de s'en sortir. Après tout, les ingénieurs se sont acharnés sur la conception du lieu pour qu'on puisse tout de même en sortir, n'est-ce pas ?

Tu tentais tant bien que mal de retracer le chemin que vous aviez pris alors que tu sentais deux mains se poser sur ton dos pour mieux te pousser vers la probable sortie. Ah, tu n'étais pas réellement rassurée et tu arrivais même à te demander si l'autre fille se servait de toi comme d'un bouclier – ce qui n'était pas réellement une bonne idée puisque si vous étiez en danger, tu n'allais réagir que bien trop tard.

Ah, ton regard fixait le chemin alors que tu tentais de ne pas trébucher sous la force qu'elle exerçait dans ton dos ; mais l'incapacité de distinguer quelconque objet dans la pièce te saisit tout à coup. Tu clignas plusieurs fois des yeux avant de finalement comprendre qu'un idiot avait délibérément éteint toutes les lumières. Il ne manquait plus que cela, et tu craignais à présent une future crise de panique provoquée par la claustrophobie dont tu souffrais – plus jamais tu n'allais mettre les pieds dans une maison hantée, plus jamais.

Un faisceau de lumière se fit apercevoir furtivement, avant de vous plonger à nouveau dans la pénombre. Tu avais eu besoin d'une minute entière pour comprendre que cette tentative venait de celle qui t'accompagnait – et qu'elle avait probablement vu quelque chose d'assez horrible pour préférer ne pas trop poser ses yeux dessus.

La gorge nouée, tu avais de plus en plus de mal à garder ton calme ; d'autant plus que tu sentais un regard peser lourdement sur tes épaules – ah, était-elle en train de te lancer un de ces regards noirs alors qu'elle savait que tu ne pouvais pas du tout la voir ; peut-être –. La goutte d'eau qui fit déborder le vase fut cet horrible bêlement qu'elle gueula à proximité de tes oreilles et que tu ne captas qu'une poignée de secondes plus tard.

Prenant une grande et profonde inspiration, tu t'avanças lentement vers elle – ou du moins, tu t'approchais de la source bruyante qui t'avait agressé les tympans – avant de plaquer tes mains sur ses épaules.

« Un peu de calme, s'il vous plaît. » En temps normal, tu aurais déjà eu l'impression d'étouffer et tu tenterais seulement de calmer les palpitations de ton cœur pour mettre un terme à la panique qui t'empêcherait de penser correctement ; mais cette fois, ce n'était pas le cas. Peut-être que cela était dû à ta lente adaptation au réel, ou peut-être à la réalisation que si vous paniquiez toutes les deux, vous n'alliez vraiment pas vous en sortir. Au moins une d'entre vous devait garder un esprit – plus ou moins – clair. « La peur est liée à la mort ; or, nous sommes déjà mortes. Il n'y a donc aucune raison de paniquer, d'accord ? » Tu aurais pu écouter tes propres dires, si seulement tu n'avais pas senti une chose grimper le long de ta jambe.


Réalisant soudainement qu'une araignée flirtait avec ta chaussure, tes yeux se fermèrent dans un battement rapide de paupières avant de souffler. Tu ne devais pas crier, tu allais juste devoir rattraper au lasso ce courage que tu avais perdu la première fois que tu avais hurlé dans la maison. Oh non, si tu craquais ; la demoiselle avec toi allait faire de même.

Tu te détachas d'elle avant de reculer de quelques pas pour secouer brutalement la jambe, espérant ainsi envoyer valser la chose qui te hantait aussi loin que possible. Une fois cela fait, tu attrapas ton porte-clé faisant office de lampe torche – tu n'avais pas vraiment envie d'utiliser la batterie de ton téléphone, surtout si tu le faisais tomber – avant d'illuminer le chemin. Oh, tu comprenais maintenant pourquoi elle avait tout de suite éteint son téléphone ; le marais de viande mélangé aux vagues d'insectes ne te donnait réellement pas envie de continuer, mais vous n'aviez pas le choix.

Essayant tant bien que mal de garder ton calme – tu avais l'impression que ton cerveau fonctionnait légèrement plus vite que lorsque tu paniquais –, tu approchas la main du poignet de la jeune fille avant de le saisir doucement – elle aurait pu penser qu'un monstre venait pour l'enlever si tu n'agissais pas avec autant de précaution.

« Prenez une grande inspiration avant de boucher votre nez, et ne regardez pas où vous marchez ; on va essayer de passer rapidement. »

T'aventurant en terrain inconnu, tu essayais de la guider aux endroits où le sol était le plus stable et libre d'accès ; tout en essayant de ne pas noter les craquements que tu entendais sous tes pieds – oh, pauvres insectes, cela te fendait presque le cœur de savoir que tu écrasais des scarabées alors tu avais simplement imaginé que tu marchais sur une centaine de cafards qui ne méritaient pas de vivre –.

Ah, vous alliez en mettre du temps, avant de finalement sortir de cet enfer.


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